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Des préjugés tenaces contre les pauvres

Un rapport du Secours catholique décontruit les idées reçues à l’encontre des personnes en difficulté.

Publié le 28/12/2017 à 20h46

La pauvreté n’est pas un fait marginal dans les pays riches. Selon Eurostat, 17,3 % des habitants de l’Union européenne vivaient sous le seuil de pauvreté en 2014, soit 87 millions de personnes (sur 512 millions d’habitants). En Roumanie, plus du quart de la population est touché (25,4 %). Le phénomène est également très élevé en Espagne (22,1 %), en Grèce (21,4 %) ou en Italie (19,9 %). Partout, ces taux se sont accrus après la crise financière de 2008, qui a provoqué une hausse massive du chômage et une précarisation de l’emploi.

La France n’échappe pas à cette réalité. Entre 2005 et 2015, le nombre de pauvres s’est accru de presque un million selon l’Insee. Au total 8,9 millions de personnes sont frappées. Mais grâce à sa politique sociale, l’Hexagone fait plutôt bonne figure avec 14,2 % de sa population sous le seuil de pauvreté (1), l’un des plus bas (16,7 % en Allemagne ou encore 16,6 % en Grande-Bretagne).

Mais en France comme ailleurs en Europe, les pauvres continuent à être victimes de préjugés. Au point que le Secours catholique, qui publie chaque année un rapport sur «l'état de la pauvreté en France», a jugé utile dans son édition de 2017, de déconstruire les idées reçues sur les personnes démunies. Le document revisite un à un les clichés dont elles sont victimes : «les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales», «les pauvres préfèrent ne pas travailler» ou encore «les pauvres sont des assistés et des fraudeurs». Et aussi «les pauvres ne savent pas gérer leur budget». Il s'agit là de «l'un des préjugés les plus répandus» selon le Secours catholique.

Pourtant, compte tenu du niveau très faible de leurs ressources, il faudrait plutôt souligner «l'extrême ingéniosité dont font preuve les ménages pauvres pour survivre», une fois payées toutes les dépenses incontournables (loyer, énergie…), souligne le rapport. Les bénévoles de l'association ont rencontré 1,4 million de personnes pauvres en 2016. Il s'agit de familles pour lesquelles «le moindre centime compte et doit être alloué le plus efficacement possible aux dépenses de première nécessité». Loin d'être des flambeurs, les pauvres ont une expertise dans la gestion de budgets extrêmement serrés et vont jusqu'à réduire leur alimentation pour boucler leurs fins de mois.

(1) Moins de 1 008 euros par mois pour une personne seule.

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