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Libération
Éditorial

Alignement

Publié le 02/01/2018 à 21h26

Aucun doute, En marche va vite. Mais c'est une marche en crabe, plutôt vers la droite. Il suffit de lire les rituels vœux de Serge Dassault dans le Figaro pour s'en convaincre. Commentant les premiers mois d'Emmanuel Macron, il a remplacé la plume par l'encensoir. Cela se comprend : même si elles sont issues directement de son programme, les réformes mises en œuvre depuis mai par le Président relèvent plus de l'orthodoxie libérale que du centrisme flamboyant de la campagne. En sera-t-il autrement cette année ? Pas sûr. L'inventaire prospectif que nous dressons aujourd'hui en fait fortement douter. Mesure de pouvoir d'achat, la suppression de la taxe d'habitation est renvoyée à 2020. Mesure de société progressiste, l'instauration de la PMA pour toutes verra peut-être le jour à la fin de 2018, mais ça n'est pas certain… L'extension des indemnités de chômage à ceux qui démissionnent pourrait faire l'affaire côté social. Mais elle sera probablement assortie d'un resserrement du contrôle des chômeurs qui fleure bon son Medef. Pour le reste, il s'agit d'aider les entreprises, de libéraliser la construction, de réduire les dépenses publiques, de réguler plus strictement l'immigration. Un programme de travail qui plaira forcément plus à droite qu'à gauche. Il est vrai que la gauche réformiste a pour l'heure déserté la scène publique, et que la seule opposition se trouve à LR, hormis les extrêmes qui sont d'utiles repoussoirs. A ce jour, seule la droite a désigné un leader et tente de se reconstruire. En bon calcul tactique, pourquoi se fatiguer ? D'autant que les sondages ne sont pas mauvais. Alors… Si la tendance se confirme, le macronisme sera d'abord un alignement de la France sur les normes préconisées par les institutions internationales. Qui ne sont pas particulièrement progressistes

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