L'économiste Jean Pisani-Ferry, cheville ouvrière du programme d'En marche, n'a pas jugé bon de prévenir l'Elysée de la parution d'une tribune très sévère sur la politique migratoire du gouvernement. Publiée par le Monde juste avant sa visite à Calais, elle a manifestement contrarié le chef de l'Etat. Dans son discours aux forces de l'ordre, il a multiplié les allusions agacées aux «déclarations à l'emporte-pièce» de ceux qui donnent des leçons d'humanité «depuis Paris, en regardant des photographies». Plutôt que des «déclarations», les Français attendent des «manches retroussées» et «un Etat qui s'engage», s'est-il emporté. Sur le fond, Macron réfute le procès en inhumanité qui lui est fait en soutenant que «l'accueil inconditionnel» de ceux qui cherchent refuge en France ne saurait se confondre avec «un accueil indifférencié» de tous les migrants, quel que soit leur parcours. Comme son ami Pisani-Ferry, il reconnaît «les incohérences du système de Dublin» qui impose théoriquement le traitement des demandes d'asile dans le premier pays de l'UE où le migrant a posé le pied. S'il dit «entendre les critiques de ceux qui veulent mettre fin à ce système», le Président juge que cette solution n'est «pas envisageable à court terme» car elle aurait pour effet de «déresponsabiliser» des pays comme la Grèce, l'Italie ou l'Espagne. Pour aller vers «un office européen de l'asile», il faut commencer par «faire converger» les règles du droit d'asile au sein de l'UE. Or, selon Macron, c'est précisément ce à quoi s'emploie le projet de loi sur l'immigration, si critiqué par Pisani-Ferry.
A la tribune, le président répond à Une Tribune
Publié le 16/01/2018 à 20h56
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