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A méditer

Trait d'esprit autour du Parapsy

Le salon d'arts divinatoires et bien-être, ouvre ses portes pour la 32e fois ce mercredi à Paris. Bols tibétains et chamanisme, voyance et êtres de lumière, on a regardé le programme : rien de bien nouveau.

Retour dans le passé, avec une voyante qui s'apprête à faire jaillir l'avenir de sa boule de cristal, lors du onzième salon Parapsy, en février 1997 à Paris. (Photo Patrick Kovarik. AFP)
Publié le 07/02/2018 à 16h44

On me signale à la rédaction que certains ignoreraient encore ce qu'est un bol tibétain, à quoi ça sert, voire ne sauraient pas que c'est un art. On me demande «mais ça sert à bouffer genre du yack ?» Non, Guillaume, ça sert pas à bouffer «genre du yack» : le bol il chante, il sert à méditer, et avec ses sons très particuliers, il hypnotise un peu, en tout cas côté bouddhiste, et sert à se relaxer. Enfin, si on y arrive (malgré un rire fou assez fréquent chez le profane du bol). C'est l'un des must du 32salon du Parapsy, arts divinatoires et bien-être, qui s'ouvre ce mercredi malgré des conditions climatiques himalayennes. L'édition 2017 a vu passer presque 14 000 visiteurs, sans doute alléchés par l'odeur de l'encens et des bougies, un bon parfum d'irrationnel, les voyants et leurs tarots, boules de cristal, et autres lectures de taches d'encre. On vient là se faire lire le subconscient (oui, tu as bien lu) ou l'aura personnelle ou analyser la clairaudience vibratoire avec des coquillages – vindiou je comprends même pas ce que j'écris.

L'honnêteté journalistique oblige à avouer qu'au bout de dix visites de salon du Parapsy au cours de sa longue carrière, on y est pas retourné, mais qu'on a précisément scanné le dossier de presse et tout, pour savoir «quid novis sub sole irrationalis». Et elle oblige à informer le lecteur qui hésiterait à braver les frimas de nos doutes : faut-il aller tâter du channeling (en gros ça consiste à papoter avec un être non-humain, type ange par exemple), et de la médiumnité, de l'immersion sonore dans un bain de sons cristallins, du chamanisme et autres harmonisants de lumière (thémas non exhaustives des conférences proposées jusqu'au 12 février, date de clôture du salon de 2500 m2) ? Faut-il réellement aller excursionner dans le Village du destin, réservé exclusivement aux consultations, fonctionnant à la billetterie à prix fixe (60 euros la consultation), vendu comme nouveau alors même que nous l'évoquions déjà lors du parapsy 2007, commenté avec des phrases comme «racolage avec tact» lors d'une prise de contact avec une géomancienne ?

Envisages-tu, lecteur, de «soigner (votre) corps et (votre) âme avec l'hypnose maïentique [sic, là, faute de frappe sûrement du dossier de presse, ndlr], l'hypnose spirituelle et la canalisation chamanique» ? Sachant qu'au rayon conférence, on aura aussi le contact avec les proches décédés (se munir d'une photo), l'immortalité pour tous, et bien entendu, la science des nombres pour comprendre le retour du Christ. Avec Saturne en Capricorne en sus ? En tout cas, nous informe le dossier, «10 millions de Français consultent chaque année, car nous ne pouvons l'ignorer que la parapsychologie est un phénomène de société». Sic. Enfin bon, bref, rien ne change sous les astres, en tout cas ces astres-là, quoi.

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