Un symptôme. Il faut prendre le problème posé par le rapport de Cédric Villani sur l’enseignement des mathématiques comme le symptôme d’un mal plus profond, celui d’un système éducatif fort efficace avec les forts, mais faiblement performant avec les faibles. L’école mathématique française est l’une des meilleures du monde ; nos «matheux», comme dirait Jean-Luc Mélenchon, sont abonnés aux récompenses internationales. Depuis son entrée en macronie, le député LREM, lauréat de la médaille Fields en 2010, est le symbole de cette excellence française. A l’heure du tout-numérique, des algorithmes et autres big data, disposer d’une élite mathématique est évidemment un atout pour la France dans la compétition mondiale. Mais derrière ces «premiers de cordée», combien de victimes du «je suis nul en maths» s’arrêtent à mi-pente devant un calcul de pourcentage basique, ou sont pris de vertige devant une équation du premier degré ? Le constat est partagé par tout le monde : la France souffre de son calcul. L’équation inégalitaire à laquelle s’attaque Villani n’est pas réservée aux mathématiques. Le système dans son ensemble persiste à former une élite de qualité et des quantités de laissés-pour-compte. Ce que Jean-Michel Blanquer fera du rapport de l’homme aux araignées, ce «Spider-Maths» de la macronie, en dira long sur leur volonté de s’attaquer à cette urgence citoyenne : refonder une école pour tous.
Éditorial
Calcul
ParPaul Quinio
Publié le 12/02/2018 à 20h56
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