«J’ai été prof de maths en lycée pendant quinze ans, avant de former de jeunes enseignants à l’école supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de Nice. Parmi mes collègues, beaucoup sont des universitaires, rattachés à un laboratoire de recherche en mathématiques pures, avec des préoccupations très éloignées de la pédagogie. C’est, à mon avis, l’un des principaux problèmes : les profs de profs n’ont pas tous des profils adaptés, et ne sont pas assez formés à la pédagogie. Autre souci : les épreuves du concours de professeur des écoles sont trop éloignées des vrais enjeux. Les candidats répondent à des questions du type brevet des collèges, qui nécessitent du bachotage mais ne vont pas plus loin. Le concours ne prépare pas à la mission du futur enseignant. De la même façon, trop souvent, en Espé, les élèves reçoivent des cours magistraux… dans lesquels on leur explique au passage l’inutilité du cours magistral ! Les futurs profs font trop peu de manipulation, que l’on sait essentielle dans l’apprentissage pour enfants. Je pense que les difficultés réelles dans l’apprentissage des maths sont avant tout un problème de pédagogie, pas forcément liées à la matière elle-même.»
Témoignage
Olivier Le Dantec, prof de profs de maths à l’Espé (Nice) «Des profils pas tous adaptés»
Publié le 12/02/2018 à 20h56
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