Davy Rodriguez, numéro 2 du Front national de la jeunesse, était «ambassadeur de la refondation». Voilà un ambassadeur fort peu diplomate… Eméché à la sortie d'un bar, filmé, il est accusé par deux ou trois témoins d'avoir proféré des insultes racistes. Il s'en défend mais il a été aussitôt suspendu de ses fonctions par les instances du parti. D'apparence mineure, l'incident symbolise néanmoins ce congrès de la «refondation» tenu par le mouvement mariniste. L'étiquette change mais le flacon reste le même, distillant les mêmes poisons. Marine Le Pen disserte en termes choisis sur la «crise de civilisation» censée affecter nos sociétés. Mais c'est quand elle promet la fin de toute immigration - c'est-à-dire l'instauration d'un Etat policier anti-étrangers - que l'assistance se lève en scandant «on est chez nous», slogan nettement plus rustique que sa longue péroraison civilisationnelle, génératrice d'une certaine somnolence. Le «Rassemblement national» remplace le Front de la même eau, signe d'une recherche d'alliance. De quoi ce changement de nom est-il le nom ? De la continuité. L'ex-FN est surtout le sujet non d'un rassemblement mais d'un essoufflement national, révélé à la présidentielle et confirmé depuis. La présidente du futur RN, élue de justesse à un peu moins de 100 %, ce qui la pose en démocrate irréprochable, arbore désormais des lunettes élégantes. Peut-être pour voir la vie de son mouvement en rose quand c'est le gris qui domine.
La fin d’un mauvais rêve ? Certainement pas. Parler du RN, c’est parler d’un effet. Les causes sont toujours à l’œuvre, qui se résument à une fondamentale inquiétude face à la mondialisation. La surfeuse chancelle mais la vague est toujours là. On ne pourra pas se rassurer en faisant seulement le compte de ses déconvenues. Danger permanent…




