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Libération

Aide aux migrants : trois militants en prison

ParFrançois Carrel
(à Grenoble)
Publié le 25/04/2018 à 21h16

Le sinistre happening de militants d’extrême droite, ce week-end au col de l’Echelle (Hautes-Alpes), itinéraire de passage de la frontière franco-italienne pour les migrants, avait provoqué une contre-manifestation de personnes engagées dans le soutien aux réfugiés. Partis d’Italie dimanche à la mi-journée, une centaine de militants avaient passé en groupe la frontière gardée par la police sur le col voisin de Montgenèvre. Avec eux, une vingtaine de migrants qui ont ainsi pu contourner les forces de l’ordre et gagner Briançon en fin d’après-midi.

Le soir même, la police interpellait six militants à Briançon. Si trois Italiens ont été remis en liberté à l'issue de leur garde à vue, trois autres, un Belgo-Suisse de 23 ans, un Suisse de 26 ans et une étudiante italienne de 26 ans, ont été présentés mardi de Gap pour ce «passage en force de la frontière», selon les mots du procureur de la République de Gap, Raphaël Balland. Le chef d'accusation : «Avoir facilité ou tenté de faciliter l'entrée irrégulière en France de plus d'une vingtaine d'étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée». La peine maximale est de dix ans de prison, 750 000 euros d'amende et l'interdiction du territoire.

Les trois manifestants ont obtenu le renvoi de l'examen du dossier au 31 mai, «pour préparer leur défense et en raison du contexte extrêmement tendu», explique Yassine Djermoune, avocat de Théo, le jeune Belgo-Suisse.

Tous trois ont en revanche été placés en détention provisoire dans l'attente de leur jugement «en raison de l'insuffisance des garanties de représentation et pour prévenir toute réitération des faits», précise Raphaël Balland. Décision «incompréhensible» pour Me Djermoune : «Ce sont des personnes […] qui n'ont jamais eu affaire à la justice.» Les avocats vont déposer une demande de mise en liberté. Le procureur a en outre précisé, concernant la manifestation des identitaires, qu'«aucune plainte ni aucun fait susceptible de qualifications délictuelles» n'avait été porté à sa connaissance.

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