Menu
Libération
Éditorial

Démagogie

Publié le 13/05/2018 à 21h16

«Il n'y a plus de place, monsieur le Président, pour cet aveuglement et cette inaction qui n'ont que trop duré» (Laurent Wauquiez). «A quoi peut bien servir cette fiche S si on ne s'en sert pas pour mettre ces bombes à retardement hors d'état de nuire ?» (Marine Le Pen). «Nous ne pouvons pas accepter l'inaction de l'Etat !» (Nicolas Dupont-Aignan). Etait-ce bien la peine de prendre le soin d'accoler le nom de leur auteur à ces trois réactions entendues après l'attaque qui a coûté la vie à un homme de 29 ans et blessé quatre autres personnes samedi soir dans le quartier de l'Opéra, à Paris ? Pas sûr, tant nos trois champions du «Y a qu'à, faut qu'on» sont confondants de démagogie. Autant les mettre dans le même panier des prétendants aux plus hautes fonctions politiques qui prennent les Français pour des imbéciles. Sauf que les Français, dommage pour eux, ne le sont pas. Ils savent que même avec Wauquiez à l'Elysée, Le Pen à l'Intérieur et Dupont-Aignan aux Armées, le risque zéro n'existerait pas. Bref, comme l'a suggéré le patron LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, les Français savent que ceux qui ont comme réponse aux attentats qu'avec eux, «ça se passerait mieux», sont des «menteurs». La droite dure et l'extrême droite ne sont tout simplement pas à la hauteur des défis qu'impose ce néoterrorisme low-cost.

Est-ce à dire qu’il ne faut pas s’interroger sur les politiques et les techniques de lutte antiterroristes ? Evidemment que non. Mais brandir comme des magiciens butés des solutions soit contraires à l’Etat de droit, soit jugées absurdes et inapplicables par les services de police eux-mêmes, contribue à abaisser le débat. C’est d’autant plus regrettable que les Français, eux, malgré la répétition des épreuves, gardent leur sang-froid.

Dans la même rubrique