C’est la révolution technologique qui devrait bouleverser nos usages domestiques en matière de numérique. Après le «téléphone intelligent» - dont les ventes plafonnent sur un marché arrivé à saturation -, les assistants vocaux connectés aiguisent l’appétit des mastodontes de la tech grand public. Après la Google Home, apparue dans les cuisines et chambres à coucher depuis l’été dernier, l’Echo d’Amazon et le HomePod d’Apple arrivent sur le marché français : la guerre des trois est déclarée. A mi-chemin entre robot domestique et super-assistant personnel, ces petites boîtes au design tendance et discret font tout pour se fondre dans nos intérieurs. On les oublierait presque, si elles ne se rappelaient d’elles-mêmes à notre bon souvenir, de leur voix synthétique, comme impatientes de remplir leur mission (autodéclarée) d’utilité personnelle : répondre aux souhaits et questions de leur propriétaire, du temps qu’il fera demain à la commande d’un bouquin en passant par le déclenchement d’une station de radio ou la fermeture des volets de la cuisine. Elles disposent, pour ce faire, d’un équipement minimaliste : un micro pour entendre, un moteur de reconnaissance vocale pour comprendre, une connexion à Internet, une enceinte pour diffuser réponses et musique. Simple. Un dévouement et une docilité qui ne doivent pas faire oublier que, dopé à l’intelligence artificielle et connecté aux bases de données de son constructeur, le cheval de Troie numérique devenu fidèle compagnon est avant tout un espion permanent. Basique.
Sollicitées activement ou pas, les oreilles miniatures ne perdent pas une miette de l'intimité de son hôte : conversation de boulot, engueulade domestique ou série télé préférée. Avec, pour l'Homo numericus qui l'a adopté, cette question simple : peut-on se plaindre d'un loup numérique que l'on a soi-même fait entrer dans la bergerie ?




