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Libération

Une mauvaise réputation

Publié le 17/08/2018 à 19h56

Domestiqué par l'homme il y a quinze mille ans pour devenir son «meilleur ami» (le chien), le loup est dans le bestiaire européen un être cruel, aux sens aiguisés, qui recourt à la ruse pour s'attaquer aux plus faibles. Cette image très négative repose sur des faits historiques : des pertes sévères infligées au bétail, mais aussi à l'homme en période de famine. Le plus emblématique des récits d'attaque reste celui de la bête du Gévaudan qui a sévi au XVIIIe siècle en Lozère. A l'époque, le territoire national compte 15 000 à 20 000 loups et la «chose» aurait fait plus d'une centaine de victimes en trois ans.De quoi étoffer les figures du grand méchant loup ou du loup-garou. Pourtant, l'image du loup n'a pas toujours été négative. C'est par exemple la louve, symbole de fécondité et de protection, qui a nourri Romulus et Rémus, ou le loup Ysengrin que le Roman de Renart a tourné en dérision à la fin du XIIe siècle. En Amérique, il est même noble. Respecté voire vénéré par les Amérindiens, il devient dans Croc-Blanc de Jack London un chien-loup confronté à la bêtise des hommes. Et dans le Livre de la jungle de Rudyard Kipling, c'est une famille de loups qui (en Inde) recueille et élève Mowgli.

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