Domestiqué par l'homme il y a quinze mille ans pour devenir son «meilleur ami» (le chien), le loup est dans le bestiaire européen un être cruel, aux sens aiguisés, qui recourt à la ruse pour s'attaquer aux plus faibles. Cette image très négative repose sur des faits historiques : des pertes sévères infligées au bétail, mais aussi à l'homme en période de famine. Le plus emblématique des récits d'attaque reste celui de la bête du Gévaudan qui a sévi au XVIIIe siècle en Lozère. A l'époque, le territoire national compte 15 000 à 20 000 loups et la «chose» aurait fait plus d'une centaine de victimes en trois ans.De quoi étoffer les figures du grand méchant loup ou du loup-garou. Pourtant, l'image du loup n'a pas toujours été négative. C'est par exemple la louve, symbole de fécondité et de protection, qui a nourri Romulus et Rémus, ou le loup Ysengrin que le Roman de Renart a tourné en dérision à la fin du XIIe siècle. En Amérique, il est même noble. Respecté voire vénéré par les Amérindiens, il devient dans Croc-Blanc de Jack London un chien-loup confronté à la bêtise des hommes. Et dans le Livre de la jungle de Rudyard Kipling, c'est une famille de loups qui (en Inde) recueille et élève Mowgli.
Une mauvaise réputation
Publié le 17/08/2018 à 19h56
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