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Libération

Allain Bougrain-Dubourg : «Macron est un peu hors-sol sur la chasse»

Publié le 27/08/2018 à 20h16

Emmanuel Macron a réuni lundi à l’Elysée le président de la Fédération nationale de la chasse, Willy Schraen, et le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, pour discuter du projet de réforme de la chasse, très critiqué par les défenseurs de la nature. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), ne cache pas sa déception et sa colère.

Que vous inspire le fait que Macron invite les chasseurs ?

Cela va faire trois fois que le Président reçoit les chasseurs, deux fois à l’Elysée, une fois à Chambord. Alors que les associations de protection de la nature et de la biodiversité ont demandé à le rencontrer pour des dossiers qui vont bien au-delà de la chasse (pesticides néonicotinoïdes «tueurs d’abeilles», agriculture, etc.). Après deux mois d’attente, on nous a renvoyés vers une conseillère de l’Elysée. Cela n’est pas élégant. Et ça prouve l’intérêt qu’il porte à la chasse et le peu de cas qu’il fait aux questions de biodiversité. Je suis assez surpris de le voir un peu hors-sol sur ces questions.

Le prix du permis de chasse devrait baisser…

Je trouve ça navrant, c’est du clientélisme. A un moment où on a besoin de budget pour tenter d’enrayer le déclin de la biodiversité, exonérer les chasseurs de plus de la moitié de ce qu’ils donnaient avant, ce n’est pas un joli signal.

Brigitte Bardot a traité Nicolas Hulot de «trouillard» sur la chasse…

Je regrette qu’elle se soit emportée. Mais je constate que sur les réseaux, beaucoup de gens ont considéré que les réformes que nous demandons, comme l’arrêt de ces chasses dites traditionnelles, devaient s’imposer. Je crois que le Président ne voit pas la sensibilité de l’opinion publique sur ces sujets.

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