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Le Muséum est heureux d'annoncer la naissance de Java, bébé orang-outan

Née il y a huit jours, Java devient le cinquième membre de la petite troupe parisienne de la ménagerie du Jardin des plantes.

Java, bébé orang-outan née le 17 octobre au Jardin des plantes (Paris Ve). (Photo F-G Grandin, MNHN.)
Publié le 24/10/2018 à 15h51

Elle a huit jours, une petite gueule rousse à croquer et un prénom qui sent bon l’exotisme : Java. Et c’est peu dire que la ménagerie du Jardin des plantes est aujourd’hui heureuse d’annoncer la naissance de ce bébé orang-outan, espèce en péril, au génome similaire au nôtre à 97%. Un événement que la ménagerie n’avait plus connu depuis 2005. Une sacrée bonne nouvelle aussi quand on saura qu’il s’agit de la seule naissance de cette espèce en France en 2018.

Les parents de Java, sa mère Théodora, 30 ans, et son jeune père Banggi, 12 ans, se «fréquentent» en effet depuis 2016. Ils formeraient, à en croire le Muséum, un «couple fusionnel». La love story connaît donc un premier épilogue heureux après 245 jours de gestation.

Cordon coupé à travers les grilles

Avant leur rencontre, ces deux jeunes parents orangs-outans ont bourlingué au gré des échanges entre zoos. Théodora, née à Jersey, est arrivée en 2007 à la ménagerie du Muséum, accompagnée de sa fille Tamü, née en 2004 en Angleterre. Banggi, né dans un zoo espagnol a, quant à lui, rejoint Paris en 2016 où son attirance pour Théodora aurait été immédiate selon les observateurs.

La grossesse s’est-elle bien passée ? Théodora a bénéficié d’un suivi échographique, après avoir été habituée à une fausse sonde en bois et à avoir du gel sur son ventre. Le quotidien de la primate, rythmé par des séances d’entraînement, permet en effet de faciliter les soins et interventions des soigneurs. Théodora est ainsi capable de répondre à plus de 31 demandes de gestes et postures. La mise bas se serait passée sans souci et sans intervention humaine, même si les soignants ont dû couper le cordon à travers les grilles. Un geste que les mères orangs-outans effectuent normalement elles-mêmes, mais que Théodora n’avait pas non plus accompli lors de la naissance de ses deux précédentes filles, Satu et Tamü. Cette dernière, présente aux côtes de sa mère durant la gestation et de l’arrivée de Java, a eu tout le loisir d’observer et de bénéficier ainsi pour plus tard d’une forme de transmission.

Laisser faire le naturel au maximum

Java n'est pas nourrie au biberon comme on le faisait avant pour les grands singes nés en captivité. Elle n'a pas été pesée ou mesurée. L'idée étant de laisser faire le naturel au maximum. Le calme aussi. Banggi est pour l'heure séparé de Théodora «car dans la nature les mâles n'élèvent pas leur progéniture», précise le Muséum. Et pendant les huit premiers jours de Java, l'enclos des orangs-outans a été préservé des regards du public.

Java est le cinquième orang-outan à rejoindre la petite troupe parisienne dont la doyenne n'est autre que la célèbre Nénette, qui frise la cinquantaine. Protégée, cette espèce n'est présente que dans six parcs zoologiques en France. Le Muséum, qui tient à ses orang-outans comme à la prunelle de ses yeux a depuis plusieurs années le projet de rénover et d'agrandir leur enclos, pour un coût total de 3 millions d'euros. Une campagne de parrainage pour aider au financement du projet a été lancée le 11 octobre sur la plateforme Ulule. Pour Java s'il vous plaît…

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