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Le portrait

Emmanuelle Amar, avertie et contre tous

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La scientifique lyonnaise de 56 ans, lanceuse d’alerte de l’affaire des «bébés sans bras», est en conflit ouvert avec sa tutelle publique.

(Photo Bruno Amsellem pour «Libération»)
ParAurore Coulaud
photo Bruno Amsellem pour «Libération»
Publié le 19/11/2018 à 17h06, mis à jour le 19/11/2018 à 17h21

On avait hâte de rencontrer Emmanuelle Amar. Peut-être plus encore que d’autres. Dans notre tête, on l’avait érigée en Erin Brockovich du moment. Seule contre tous. Poing levé et verve haute. On n’a pas été déçue. D’entrée, on prend un shot d’adrénaline. Elle parle vite et bien et fort tout en ponctuant ses phrases de petits rires. Elle est égale à celle que l’on a entendue un millier de fois par téléphone, donner sa version des faits, son analyse, son ressenti sur cette mystérieuse affaire qui déchaîne les passions, celle dite des «bébés sans bras».

Elle a donné rendez-vous au bas des pentes de la Croix-Rousse, à Lyon. Elle vit depuis 2000 avec son mari, Denis, sur cette colline à l'âme îlienne, enlacée par les bras de la Saône et du Rhône. Dans un trois-pièces chaleureux fait de bois où, ce matin-là, le soleil tape sur les vitres et chauffe le visage. Sur les murs, de l'histoire en pagaille. Des tableaux du XVIIIe au XXe siècles et des étagères pleines de Pléiade. Parmi ces livres, un Tolstoï, la Guerre et la Paix. Ça résonne. Des mois que le bras de fer entre l'actuelle directrice du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) et son tuteur, Santé publique France (SPF) est entamé. Des mois qu'elle dit subir «des attaques perfides ad hominem». On rembobine. Février 2011, le Remera alerte les autorités sanitaires d'un excès de cas d'enfants nés sans bras ou sans mains dans l'Ain. Septembre 2016, un premier article sur le sujet paraît. Début 2017, dans un

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