De loin, on croit parfois ces bastons de bandes obsolètes. Des gamins issus de quartiers populaires, capables de se tabasser sans pitié à coups de battes ou de se planter avec un couteau pour un numéro de rue, une veste ou une fille. De près, ceux qui bossent au contact de la rue racontent un phénomène tantôt en recul, tantôt en hausse. Mais increvable. L’automne 2018 fut une piqûre de rappel. D’abord, il y eut, en septembre, cette vidéo virale : le lynchage d’un lycéen de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Planqué sous une voiture pour échapper à un groupe d’une cité voisine, il est tiré par les jambes et rossé avec une violence inouïe, sa survie relevant du miracle. Ensuite, il y a eu les morts d’octobre. Aux Lilas (Seine-Saint-Denis), un garçon de 13 ans succombe à un malaise après une expédition punitive, et dans le nord-est de Paris, un ado de 17 ans essuie des coups de lame mortels pour une affaire de quartiers rivaux. Experts et habitants décrivent un mal qui se nourrit de la précarité de ces territoires. Et s’interrogent sur le reste : la résignation des familles, le fantasme du gangster, l’absence des institutions, les réseaux sociaux qui immortalisent les rixes.
Bandes : comme une idée rixe
ParRamsès Kefi
Publié le 28/12/2018 à 19h46
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