C’est l’un des effets les plus manifestes de l’ère post-Weinstein : la libération de la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles a également trouvé un puissant écho dans les commissariats. Selon le ministère de l’Intérieur, les forces de sécurité ont enregistré une augmentation de 23,1 % des faits de violences sexuelles au cours des sept premiers mois de l’année 2018. Entre janvier et juillet, 27 728 faits de ce type ont été recensés, contre 22 533 sur la même période en 2017. Cette augmentation du nombre de signalements traduit sans aucun doute l’ampleur (et la force) du phénomène #MeToo malgré les embûches et les déceptions que peut constituer un dépôt de plainte (en 2016, 70 % des plaintes pour violences sexuelles ont été classées sans suite). Elle permet aussi de montrer aux pourfendeurs de la «délation» que cette libération spontanée de la parole a indéniablement donné à des milliers de femmes le courage nécessaire pour entamer une démarche judiciaire.
#MeToo : libération de la plainte
ParAnaïs Moran
Publié le 28/12/2018 à 19h46
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