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Décryptage

Assurance chômage : la négociation patine

La huitième séance de pourparlers, mardi, n’a pas porté ses fruits. Le patronat refuse toujours la limitation de l’usage des CDD.

Publié le 23/01/2019 à 19h46

Annoncée comme la séance où tout pouvait se débloquer, le huitième round de négociation syndicats-patronat en vue de réformer les règles d’indemnisation de l’assurance chômage a été décevante, de l’aveu des participants. Réunis mardi, les partenaires sociaux n’ont pas réussi à dépasser leur désaccord sur le bonus-malus, chacun campant sur ses positions.

Les organisations patronales refusent toujours en bloc ce dispositif visant à réguler l'usage des CDD en jouant sur le niveau des cotisations des employeurs. Une «fausse piste» et un «frein à l'activité» selon le patronat, qui a présenté ses pistes. Mais ces dernières - suppression des délais de carence, assouplissement du renouvellement des contrats courts, hausse des heures complémentaires pour les temps partiels - ont été jugées floues, voire provocantes par les syndicats. De leur côté, bien que favorables au bonus-malus, les centrales peinent à faire front, chacune proposant sa propre formule.

Conséquence de cette «course de lenteur qui va dans le mur», selon Denis Gravouil (CGT) : la négociation est prolongée jusqu'au 20 février. Deux séances ont été ajoutées pour tenter d'arriver à un accord sur une nouvelle convention d'assurance chômage, pour laquelle le gouvernement a réclamé entre 3 et 3,9 milliards d'euros d'économies en trois ans. Les choses pourraient s'accélérer lors de la prochaine séance, le Medef ayant promis de présenter un texte. «La véritable négociation va commencer le 31 janvier. Jusqu'ici, on n'a pas négocié», ont déploré Eric Courpotin (CFTC) et Jean-François Foucard (CFE-CGC).

Avec la CFDT, ces deux centrales ont toutefois fait un pas vers le Medef mardi, se déclarant ouvertes à l'examen d'autres propositions à condition qu'elles ne soient pas «qu'incitatives». En cas d'échec de la négociation, l'exécutif a promis de reprendre la main et de mettre en place sa propre mouture du bonus-malus. Mais les syndicats émettent des doutes. «Personne n'a de certitude sur le fait que le gouvernement va [le] mettre en place», note Marylise Léon (CFDT). D'où leur motivation à se remettre autour de la table.

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