L'Humanité a sonné la «mobilisation générale» lundi. Confronté, selon son directeur Patrick Le Hyaric, à de «lourdes difficultés financières», le quotidien communiste fondé par Jaurès a été contraint de se placer sous la protection du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) la semaine dernière. Une audience, prévue mercredi, déterminera le sort du journal et de ses 200 salariés. La direction y plaidera «la continuité de l'exploitation», assure son patron. Ce qui pourrait passer par un placement en redressement judiciaire avec poursuite de l'activité.«Il existe un chemin, veut croire Le Hyaric. Durant l'année 2018, le nombre d'abonnés à l'Humanité et à l'Humanité Dimanche a progressé et les ventes en kiosques en novembre et décembre sont bonnes. Le nombre d'utilisateurs de la plateforme numérique progresse.» Malgré ce message d'optimisme, «la situation financière est très, très difficile, témoigne un cadre du journal. On craint d'arriver un peu au bout de l'histoire». Et d'expliquer que l'entreprise est «plombée» par une dette très élevée, «7 millions d'euros», que les banques ont refusé de financer ces derniers mois. L'Huma n'a plus la trésorerie pour faire face à ses échéances et ses charges courantes. Dans un courrier daté du 24 décembre, envoyé à plusieurs confrères, Le Hyaric écrivait avoir besoin de 3 millions d'euros avant la mi-février. La collecte de dons, juste relancée, a déjà permis de réunir «plus de 1 million d'euros».
«Laisser mourir "l’Humanité" reviendrait à affaiblir la presse de qualité.»
Patrick Le Hyaric directeur de presse quotidienne "L'Humanité"
Publié le 28/01/2019 à 20h26
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