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Alimentation : pourquoi les prix vont-ils augmenter ?

Publié le 01/02/2019 à 19h36

Depuis plusieurs semaines, une photo circule sur les réseaux sociaux. Prise dans un Leclerc de Lanester (Morbihan), elle montre un panneau indiquant que grâce une «nouvelle loi de notre président Macron», «des centaines d'articles» vont voir leur prix augmenter. «Le litre de Ricard se vendait à 18,22 euros et passera à 20,02 euros. Le café Carte noire se vendait à 5,69 euros et passera à 6,26 euros.»

Le coupable ? La loi agriculture et alimentation, adoptée en octobre. Pour «permettre aux agriculteurs d'avoir un revenu digne en répartissant mieux la valeur», le texte prévoit de relever le seuil de vente à perte de 10 % «sur les denrées alimentaires, à titre expérimental […]. Il doit favoriser un rééquilibrage des marges en faveur des agriculteurs et des PME». Cette loi a ainsi autorisé le gouvernement à prendre des mesures permettant pendant deux ans «d'encadrer en valeur et en volume les opérations promotionnelles financées par le distributeur ou le fournisseur portant sur la vente au consommateur de denrées alimentaires».

Depuis le 1er février, les distributeurs qui avaient l'habitude de vendre certains produits à prix coûtant vont donc devoir les augmenter de 10 %. Mais comme l'explique l'UFC-Que choisir au Parisien, les prix ne vont pas augmenter partout. «Pas dans les petits magasins de centre-ville ou les Monoprix parisiens, en tout cas, car les marges réalisées sur les produits y sont déjà supérieures à 10 %. En revanche, dans les hypermarchés qui se livrent à une guerre des prix, comme chez les hard discounters, les hausses pourront être fortes.» Quels produits vont augmenter ? Surtout ceux de marque : Ricard et Carte noire, pour reprendre ces exemples. Car ce sont sur ces produits d'appel que les distributeurs choisissent de ne pas faire de marge, pour attirer le chaland. Et c'est pourquoi des distributeurs en profitent pour dire qu'ils vont, à l'inverse, baisser leurs prix sur les produits de marque distributeurs : car leur marge y était déjà supérieure à 10 %. Selon le gouvernement, seuls 7 % des produits alimentaires augmenteraient. Ce dispositif assurera-t-il une plus juste rémunération des producteurs ? «Cela reste très théorique, car si la loi prévoit d'augmenter les marges de la grande distribution, elle ne dit pas du tout, en revanche, comment faire pour augmenter les marges des agriculteurs», estime l'UFC.

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