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Libération

Au premier jour d’audience, Denis Baupin remarqué par son absence

Publié le 04/02/2019 à 20h46

Une atmosphère déroutante flottait ce lundi au tribunal correctionnel de Paris, où s'est ouvert le procès en diffamation intenté par Denis Baupin contre Mediapart et France Inter. En mai 2016, ils avaient publié les récits de plusieurs femmes dénonçant des faits d'agressions et de harcèlement sexuels de la part du député écologiste. Celui qui était alors vice-président de l'Assemblée nationale avait ensuite porté plainte contre X pour «dénonciation calomnieuse». Ces révélations avaient suscité l'ouverture d'une enquête préliminaire du parquet de Paris, mais elle avait été classée sans suite, les faits étant prescrits. Sur le banc des prévenus comparaissaient donc ce lundi, et jusqu'à vendredi, les deux auteurs des articles, leurs directeurs de publication respectifs, six femmes ayant porté ces accusations et deux hommes ayant témoigné des agissements de l'ex-député de Paris.

Dans une ambiance électrique, l'audience se crispe rapidement autour d'une chaise vide : celle de Denis Baupin. Une absence «manifeste, choquante», fustige Me Antoine Comte, avocat de la défense, dénonçant un procès qui «transforme les victimes en prévenues». L'avocat de France Inter, Me Basile Ader, juge «inhabituel» de saisir le tribunal pour «laver son honneur» et avoir «peur de se présenter devant lui».

Le conseil de Denis Baupin, Me Emmanuel Pierrat réplique qu'il faut «s'en tenir au droit», qui prévoit que la partie civile puisse être représentée par son avocat. Il qualifie la journaliste de Mediapart de «mormone en chef de cette tribu» et attaque l'auteur de l'enquête de France Inter, à qui il prête une «imagination qui fait des bulles».

Edwy Plenel, patron de Mediapart, est le premier à être entendu : «Ce qui est devant vous, c'est justement l'histoire de comment il y a eu des pressions, jusqu'à cette plainte, pour empêcher que la parole ne se libère», explique-t-il, défendant une enquête «exemplaire» dont «l'enjeu d'intérêt public» était de «briser l'omerta». «C'est la première affaire #MeToo avant que le mouvement n'existe», a expliqué Edwy Plenel. Avant de dénoncer des pressions de Denis Baupin, qui a cherché «à en empêcher la parution».

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