Elus, membres de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), enseignants et familles des jeunes du lycée Romain-Rolland ont manifesté jeudi soir sur l'esplanade de la mairie d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Objectif : exprimer leur «mécontentement quant aux conditions d'arrestation» de six élèves, dont trois mineurs, perquisitionnés mercredi dès 5 heures du matin à leur domicile : ils sont accusés d'avoir tagué le lycée à plusieurs reprises.
La veille, une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant le commissariat de Créteil où trois des élèves étaient retenus à la brigade des mineurs, tandis que, parmi les trois majeurs gardés à vue au commissariat de Vitry-sur-Seine, deux ont été libérés mercredi soir.
Début décembre déjà, en pleine mobilisation lycéenne contre la réforme du baccalauréat, cinq élèves ont été gardés à vue trente-six heures. On leur reproche d'avoir tagué «Macron démission» sur le panneau d'affichage en plexiglas à l'extérieur du lycée. «Ces derniers nient toujours les faits», explique à Libération un membre de la FSU. Les protestations des élèves débouchent, le 4 décembre, sur un blocus total de leur établissement pendant quinze jours, jusqu'aux vacances de Noël. Lors d'une des nuits du blocage, une nouvelle série de tags a été découverte à l'intérieur du lycée. Les inscriptions mélangeaient alors slogans anarchistes et politiques, mais aussi des injures à l'égard de la proviseure liées à son refus de retirer sa plainte contre les cinq élèves. Malgré les demandes des profs et des jeunes, elle a de nouveau porté plainte.
C'est cette nouvelle plainte qui a donné lieu à l'arrestation des six élèves mercredi, dont quatre étaient toujours gardés à vue dans la soirée de jeudi. Certains ont reconnu les faits et doivent être présentés à un juge pour mineurs. «Une situation totalement disproportionnée», déplore le Snes-FSU Créteil, qui «appelle l'Etat à la modération sur cette affaire» et rappelle que «ce genre de cas est d'habitude traité par des conseils de discipline internes aux établissements et par des sanctions légères devant les tribunaux, et que les gardes à vue semblent totalement inappropriées à la situation».




