Good news. Les ados font «nettement plus confiance aux informations issues des médias traditionnels (télé, radio, presse) qu'à celles issues des réseaux sociaux ou vidéos en ligne». Par les temps qui courent, voilà une étude qui donne la patate. D'autant qu'elle est solide : l'enquête a été menée auprès de 16 000 élèves de la troisième à la terminale, par les chercheurs du Conseil national d'évaluation des politiques scolaires (Cnesco), instance très utile mais… condamnée par le projet de loi Blanquer, voté en première lecture à l'Assemblée.
«En classe de troisième, plus d'un élève interrogé sur deux (54%) déclare s'informer sur l'actualité.» Ils sont 68% en terminale. Où vont-ils se nourrir en informations ? En regardant la télé ou auprès de leur entourage, répondent 90% des élèves de terminale. Sur les réseaux sociaux aussi beaucoup (84% des terminales), suivent, la presse en ligne (62%), les vidéos en ligne et la radio (53%) et tout en bas, les journaux papiers (36%).
Sauf que – et c'est là que les journalistes retrouvent le sourire – les ados n'attribuent pas la même confiance aux différentes sources d'information. Avec un paradoxe : «Les médias traditionnels recueillent une forte confiance auprès des élèves, alors qu'il s'agit de médias qu'ils utilisent peu.» Ainsi, 71% répondent faire confiance aux journaux papiers, 67% à la radio et 62% à la presse en ligne… alors qu'ils ne sont que 24% à faire confiance aux réseaux sociaux et 30% aux vidéos en ligne. «Au regard des comparaisons internationales, les collégiens français apparaissent avoir beaucoup plus confiance dans les médias traditionnels que leurs pairs européens», écrivent les chercheurs du Cnesco.
Derrière ces pourcentages, se cachent des différences selon les origines sociales des élèves. Ainsi 67% des élèves de troisième venant de familles favorisées suivent l’actualité, contre 46% des élèves de milieu défavorisé, ces derniers accordant plus de crédit aux réseaux sociaux que les premiers.
Autre élément intéressant de l'étude : l'éducation aux médias n'est abordée que dans la moitié des collèges et lycées… et «quand elle existe», regrettent les chercheurs, «elle se résume à une éducation par les médias en utilisant des supports d'information de type articles de journal ou documentaires télévisés».




