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Affaire libyenne : Djouhri va être extradé

Publié le 26/02/2019 à 20h46

Il n’est pas encore à Paris. A peine la décision de l’extrader vers la France énoncée par une juge britannique, Alexandre Djouhri a déposé un appel. Il devrait donc rester à Londres plusieurs semaines, voire quelques mois, toujours en liberté sous contrôle judiciaire. Et faire attendre la justice française qui veut l’interroger dans le cadre de l’enquête sur le financement présumé par la Libye de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Des affaires dans lesquelles Djouhri aurait servi d’intermédiaire.

A peine installée, mardi matin, dans la salle du tribunal de la Westminster Magistrates Court, la juge a indiqué ne pas «avoir l'intention de lire toutes les justifications de son jugement», rendu public dans la foulée. «Mais je peux vous dire que j'ai rendu une décision contre vous […], en conséquence j'ordonne votre extradition vers la France.»

Penché vers la traductrice, Djouhri, en long manteau bleu marine et appuyé sur une canne, n'a pas bronché. «Je m'y attendais, c'est mécanique, a-t-il déclaré avec un petit sourire. C'est bien, devant la High Court, on pourra développer nos arguments.» Ses avocats avaient préparé le dépôt d'un appel qu'ils ont soumis à la juge. Le dossier sera transmis à la High Court de Londres et tous les arguments, pour et contre l'extradition, seront exposés devant un nouveau juge.

Cette procédure pourrait prendre au moins six mois, selon une source judiciaire. Dans les très détaillés attendus de son jugement, la juge a estimé qu'il «n'existe pas de preuves, ou pas de preuves suffisantes que les autorités françaises aient manipulé ou usé de procédures pour oppresser ou porter préjudice de manière injuste à M. Djouhri».

L'équipe de défense du Franco-Algérien de 60 ans avait au contraire argué que le Parquet national financier avait commis plusieurs irrégularités dans la procédure engagée pour l'interpeller. «Ils sont venus chez moi [en Suisse] et ils n'ont rien trouvé, du coup ils ont inventé un délit de fuite pour pouvoir m'arrêter à Londres», a ironisé l'intéressé.

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