Sur les réseaux sociaux, on trouve encore des gens pour l'affirmer : Christophe Dettinger, l'ex-boxeur professionnel condamné le 13 février pour avoir frappé deux gendarmes le 5 janvier dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, était muni de gants «plombés» ou «coqués». Une information pas anodine : pour la justice, il s'agit d'une circonstance aggravante, voire d'un indice de préméditation. L'affirmation est pourtant fausse. Des photos de la scène permettent de discerner le modèle : il s'agit de simples gants antifroid, d'une marque spécialisée pour les professionnels. Ils ont d'ailleurs été retrouvés par les enquêteurs dès le lendemain des violences, lors d'une perquisition. A l'audience, enfin, il n'a jamais été fait mention de gants particuliers. D'où vient l'intox ? Deux jours après les faits, France Inter et France 2 l'affirmaient sans conditionnel : le boxeur avait des gants «coqués» et «lestés de plomb». Comme souvent, l'information se répand dans les médias sans vérification, jusqu'à être reprise par certains syndicats de police. Les deux médias disent avoir été induits en erreur par des sources policières. Y a-t-il eu manipulation, dans la guerre de communication autour des gilets jaunes, ou s'agit-il de sources mal informées ? Quels que soient les ressorts de la désinformation, la certitude, c'est qu'aucun média l'ayant relayée n'a jamais apporté de correctif.
Face à la police, Christophe Dettinger portait-il des gants plombés ?
Publié le 01/03/2019 à 19h26
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