Un prisonnier radicalisé a agressé deux surveillants, mardi vers 9 h 30, à la centrale de Condé-sur-Sarthe (Orne), l’un des établissements pénitentiaires les plus sécurisés de France. C’est à l’aide d’un couteau en céramique, selon l’administration pénitentiaire, que Michaël Chiolo, 27 ans, a grièvement blessé les deux agents. Avant de se retrancher avec sa femme enceinte dans l’unité de vie familiale (UVF) où ils se trouvaient. Lui et sa compagne venaient de passer un moment dans l’un de ces appartements aménagés pour maintenir les liens entre les prisonniers et leurs proches.
Le détenu aurait crié «Allah Akbar» en poignardant à plusieurs reprises les deux surveillants, assure à Libération Alassane Sall, le délégué FO-pénitentiaire de l'établissement.Dans la soirée, le détenu et sa compagne ont été interpellés et blessés par balles au cours d'un assaut du Raid. Selon une source proche de l'enquête, si Michaël Chiolo n'a été touché qu'à la joue, la jeune femme est décédée.
De leur côté, les deux surveillants, grièvement blessés, ont été hospitalisés à Alençon. «Le plus grièvement atteint présente des plaies très profondes à l'abdomen, mais aussi au dos», décrit Geneviève Marot, secrétaire régionale de la CGT-pénitentiaire. L'autre surveillant a été frappé «au niveau du visage, de l'omoplate et du dos».
«Le caractère terroriste de cette agression ne fait aucun doute», a affirmé la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Le parquet antiterroriste de Paris s'est d'ailleurs saisi de l'enquête, tandis que le procureur de la République, Rémy Heitz, s'est rendu sur place. Originaire de Saint-Avold, en Moselle, Michaël Chiolo avait été condamné en appel en décembre 2015 à trente ans de réclusion criminelle. Il a été reconnu coupable avec ses deux complices d'avoir, au printemps 2012, séquestré et «momifié» un octogénaire, qui est mort étouffé par son bâillon. Selon France Bleu Normandie, l'avocat général avait alors qualifié les coupables de «psychopathes».
Michaël Chiolo s'est converti à l'islam en 2010, puis «radicalisé en prison» d'après une source policière. En 2015, il était condamné à un an ferme pour avoir demandé à ses codétenus de «rejouer» l'attaque du Bataclan dans la cour de la prison de Mulhouse où il était alors incarcéré. Pour autant, à Condé-sur-Sarthe, il n'était pas dans le quartier réservé aux prisonniers radicalisés ni même un détenu particulièrement surveillé (DPS), a confirmé l'administration à Libération.




