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Libération
Témoignage

Nathalie, 46 ans, ouvrière à Mélisey (Haute-Saône) «Il a été condamné pour abandon de famille»

Publié le 05/03/2019 à 20h26

«Après un divorce à l’amiable il y a une dizaine d’années, la justice a fixé une pension alimentaire de 100 euros par mois pour chacun de nos quatre enfants, âgés de 1 à 10 ans. Mon ex a dû faire un ou deux versements, pas plus. La séparation est rapidement devenue conflictuelle, et je pense qu’en ne versant pas cet argent, il voulait me faire payer mon départ.

«A l’époque, j’étais en congé parental, je vivais avec 400 euros par mois. Je n’étais pas considérée comme prioritaire auprès des associations et, pour la Banque de France, j’étais en faillite personnelle. C’était vraiment la galère. Heureusement que ma famille m’aidait pour acheter à manger. Au bout d’un moment, je me suis tournée vers la CAF, qui m’a versé 80 euros par mois et par enfant. Parallèlement, j’ai porté plainte contre mon ex. Il a été condamné à 1 000 euros d’amende et six mois de prison avec sursis pour abandon de famille. Après un processus de médiation, j’ai de nouveau fait appel à un avocat grâce à l’aide juridictionnelle et il a fini par perdre son droit de visite et d’hébergement.

«Aujourd’hui, j’ai repris mon activité, je gagne 1 500 euros par mois. Lui est considéré comme insolvable, donc c’est toujours la CAF qui me verse les pensions alimentaires. Heureusement, parce que sinon on ne mangerait que des patates, ou alors j’aurais deux boulots. Ce qui me fait le plus mal, c’est qu’en faisant cela, ce n’est pas moi qu’il a punie, c’est les gamins.»

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