Samedi, Lyon, 3e de Ligue 1, s'est incliné 3-1 à domicile face à Dijon et Bruno Genesio, son entraîneur, est assis sur une chaise dont deux pieds donnent désormais sur le vide.
1) Une frange de supporteurs demandent sa tête et, si possible, tous ses membres en fines tranches.
2) Jean-Michel Aulas, son président, maintient le plus tordu des suspenses quant à la prolongation de son technicien. Un coup ses mots dessinent une guillotine, un coup le soleil d’une lune de miel et un majeur à moitié dressé pour les sceptiques. On peut le prendre par tous les bouts, on n’y coupera jamais : le CDD est une jungle.
L'Olympique lyonnais se fait torturer une première fois mardi soir, sur sa pelouse par Rennes (2-3) en demi-finale de la Coupe de France. La presse parlait d'un nouveau contrat pour Bruno Genesio, 52 ans, ex-joueur de l'OL formé au club et natif de la ville. La faucheuse en personne sortirait de la conférence de presse d'après-match les mains moites : Aulas explique que son entraîneur a foiré un tournant et que cet échec-là remet en cause «le deal», soit sa reconduction automatique à la tête de l'équipe en cas de podium et de finale de Coupe - il décidera donc en fin de saison. La froideur du discours est une chose (le football à ce niveau se décline en centaines de millions d'euros, ce qui étouffe un bon paquet de sentiments), les images en sont une autre : Genesio est assis à côté. Il écoute, visage fermé, son patron parler de lui, de son sursis, de ses bons côtés mais surtout de sa connerie du jour. D'un coup, l'entraîneur aux cheveux gris a perdu 30 ou même 40 ans - il ne manque que le carnet de correspondance.
Vendredi, devant les médias, Genesio a placé son équipe très haut : à part cinq fusées en Europe (dont la Juventus, le Barça et le Bayern), personne ne fait mieux que Lyon, dit-il, si on regarde la saison de plus haut. Il est aussi revenu sur son mardi soir. En substance : sa relation avec Aulas est plutôt bonne, à aucun moment il ne s’est senti humilié.
Le bonhomme, en poste depuis 2015, est en mode survie. S’il n’a pas claqué la porte de lui-même (le combo Aulas et supporteurs reste une drôle d’épreuve), c’est qu’on parle d’un type qui désire encore en être. Ses détracteurs au stade et ailleurs ne lui reprochent pas tant la forme (les résultats se tiennent), mais le fond : Lyon joue au foot par séquences alors qu’il a une main-d’œuvre hautement qualifiée et ces montagnes russes leur donnent des nausées. Samedi après-midi, l’OL s’est fait trouer par des Bourguignons qui étaient derniers de Ligue 1. Et Aulas continue de dézinguer sur Twitter tous ceux qui le chatouillent un peu ou beaucoup.




