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Libération

«Les condamnations à l’encontre des journalistes sont rarissimes.»

Me CHRISTOPHE BIGOT avocat spécialiste des médias, sur la convocation de trois journalistes par la DGSI après la transmission au média d’investigation Disclose d’une note classée «confidentiel-défense» évoquant l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

Publié le 25/04/2019 à 20h56

Trois journalistes à l'origine de révélations sur l'usage d'armes françaises dans le conflit qui déchire le Yémen depuis début 2015 seront convoqués le mois prochain devant la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Deux fondateurs du média d'investigation Disclose - lancé en novembre - ainsi qu'un journaliste de Radio France seront entendus en audition libre pour «compromission du secret de la défense nationale». Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris, le 13 décembre, après un dépôt de plainte du ministère des Armées. Le 15 avril, Disclose (en partenariat avec d'autres médias) rendait publique une note titrée «Yémen : situation sécuritaire» et rédigée fin septembre 2018. Le média en ligne a reçu ce rapport «confidentiel défense» en octobre. Celui-ci répertorie les armes vendues par la France, et qui seraient déployées au Yémen par la coalition menée par l'Arabie Saoudite. Si Paris a toujours affirmé que ces équipements militaires n'étaient utilisés que de manière défensive, Disclose affirme le contraire. Mercredi, les rédactions partenaires soulignaient que la publication de ces documents confidentiels relevait d'un «intérêt public majeur».

Pour l'avocat Christophe Bigot, spécialiste du droit des médias, «ni la police ni la justice ne peuvent contraindre un journaliste à dévoiler le secret de ses sources, sauf s'il s'agit d'un impératif prépondérant d'intérêt public. Est-on ou pas dans ce cas ? C'est la question qui est posée. Nous sommes face à deux systèmes de droit qui s'entrechoquent».

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