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2009 : percée historique des Verts

Publié le 21/05/2019 à 21h06

Histoires de la politique française à travers quarante ans d’élections européennes.

Depuis leur bon score obtenu aux européennes de 1989, leur première percée à l’échelle nationale (10,59 %), les Verts se sont installés dans le paysage politique français. Un peu marginalisés, aussi : les scores ne décollent jamais dans les élections majeures (au hasard, la présidentielle) et l’électorat écologiste ne se retrouve que pour les scrutins mobilisant moins, comme les européennes. Après le retour sur terre de 1994 (2,95 %), les Verts ont retrouvé des couleurs en 99 (9,72%) et 2004 (7,41 %), ce qui laisse augurer d’un bon score en 2009 aussi. Cinquième force politique cinq ans plus tôt, les écolos entendent au pire conserver ce rang, voire l’améliorer.

Mais la campagne continentale démarre timidement, malgré un leadership fort incarné par Daniel Cohn-Bendit. Au point de diviser en interne. «Un débat oppose ceux qui, nombreux chez les Verts, veulent une campagne "plus à gauche" pour surfer sur le vote sanction contre Sarkozy. Et ceux qui, notamment parmi les non-encartés, les associatifs ou les altermondialistes, veulent mettre l'accent sur la démocratisation des institutions européennes» (Libération du 16 mars 2009). Ce n'est que dans la dernière ligne droite que la mayonnaise semble prendre : engueulade en direct à la télévision entre Cohn-Bendit et François Bayrou, diffusion d'un documentaire de Yann Arthus-Bertrand, Home, en prime time sur France 2 deux jours avant le scrutin… «Le trublion», titre Libé le week-end d'élection avec une photo de Cohn-Bendit en une, sans mesurer néanmoins complètement ce qui va suivre : «Au cœur d'une polémique avec François Bayrou, le leader d'Europe Ecologie peut-il créer la surprise dimanche en devançant le Modem ?» EE-LV fera bien mieux que ça. Ses 16,28 % (2,8 millions de voix) obtenus le dimanche 7 juin sont une percée historique pour l'écologie politique française, jamais égalée depuis. Non seulement ils laissent le Modem loin dans le rétro (8,46 %), mais surtout les Verts font jeu égal avec le PS, qui ne les devance que de 35 000 minuscules voix (16,48 %).

«Europe Ecologie s'impose comme la troisième formation politique française, au terme d'une campagne dont il a été le seul à valoriser l'enjeu européen», analyse Libé au lendemain de l'élection, notant que «l'ampleur de ce succès a surpris y compris dans les rangs écolos». Une éruption verte qui restera sans lendemain : trois ans plus tard, Eva Joly ne dépassera pas 2,31 % à l'élection présidentielle.

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