Menu
Libération

Balkany et la Suisse : «J’ai ramené tout ce que j’ai pu»

Publié le 22/05/2019 à 21h16

«Arrêtons avec le fantasme d'un financement politique. Je n'ai jamais été chargé de récolter de l'argent pour les partis.» Patrick Balkany s'en tient à sa ligne de défense : l'argent planqué en Suisse ou au Liechtenstein serait d'origine familiale. Mercredi, le tribunal correctionnel se penchait sur l'origine des fonds, l'accusation faisant grand cas de Didier Schuller, ancienne âme damnée du RPR des Hauts-de-Seine, qui a témoigné avoir déposé dans les années 90 «sept ou huit millions» de francs en espèces sur un compte à Vaduz, au Liechtenstein, dont l'ayant droit était le maire de Levallois-Perret.

Schuller n'ayant pas été convoqué comme témoin, la défense s'essuie les pieds sur lui. Pierre-Olivier Sur, avocat d'Isabelle Balkany, le qualifie de «grand manipulateur». Les travaux de la villa de Saint-Martin, effectués gracieusement selon Schuller par des boîtes de BTP actives dans les Hauts-de-Seine ? «Ce n'est pas mon genre», rétorque Balkany. Parole contre parole, il sera difficile au tribunal d'aller plus loin car les institutions du Liechtenstein ne sont pas tenues de conserver des archives si anciennes.

L'explication par l'héritage familial a toutefois ses limites : un premier virement de dix millions de francs en 1989 correspond plus ou moins à sa participation au capital de la boîte fondée par Balkany père. Mais un second, de seize millions, est moins justifiable. Concernant ce paiement, sur une coquille immatriculée à Vaduz, l'élu élude : «Cela dépasse mes compétences, c'est la cuisine des Suisses. Je découvre des sociétés dont je n'ai jamais entendu parler.»

Bravache, il se proclame bleu-blanc-rouge : «J'aurais pu tout laisser là-bas, mais j'ai passé mon temps à rapatrier l'argent suisse de mon père, le plus légalement possible.» Et de rappeler que Saint-Martin n'est pas un territoire étranger : «J'aime la France, alors que je connais tellement de gens installés en Belgique ou en Suisse.» Balkany est quand même bien obligé de plaider coupable sur la fraude fiscale : «J'ai ramené tout ce que j'ai pu. Il en restait, ce n'est pas bien. Dans ma position d'élu, ce n'était pas facile de le dire au contrôleur des impôts. Ça aurait été dans le Canard enchaîné le mercredi suivant.»

Dans la même rubrique