Le citoyen est un personnage paradoxal. Régulièrement, avec une intensité nouvelle depuis six mois, il réclame une plus grande démocratie. Accusée : la Ve République, dont le mode de scrutin majoritaire à deux tours offre une majorité écrasante à une force politique qui représente à peine un quart des électeurs au premier tour. Accusée tout autant : l'Europe, à qui on reproche d'agir dans le dos des peuples. Voici que se présente un scrutin strictement proportionnel (chaque voix compte), qui permet aux électeurs de peser directement sur la coloration politique du Parlement de Strasbourg. Résultat : on annonce un taux d'abstention supérieur à 50 % et même un record de non-participation dans certains sondages. Va comprendre, Charles…
On sait que la complexité des procédures de l’Union, le manque d’incarnation des leaders de l’Union, l’incertitude des majorités, rendent la vie européenne difficile à saisir. Pourtant, depuis le traité de Lisbonne, le Parlement européen a vu ses pouvoirs renforcés par rapport à la Commission et au Conseil européen. Son bilan montre qu’il a produit des directives qui touchent la vie quotidienne des citoyens français. Selon que la nouvelle Assemblée sera plus ou moins à gauche ou à droite, plus ou moins écologiste, plus ou moins libérale, plus ou moins ouverte sur le monde, plus ou moins fédéraliste, la vie des Européens en sera affectée. A cela s’ajoute la dimension nationale du vote : un succès de Macron le renforcera dans sa volonté d’appliquer son programme, un succès de Marine Le Pen la mettra en meilleure position pour la suite, le retour de la droite classique influera sur la vie politique, de même que la survie ou la disparition d’une partie de la gauche. Tout cela nous conduit à un mot d’ordre simple : vous voulez une Europe plus démocratique ? Alors votez !




