L'avocat de Patrick Balkany, Eric Dupond-Moretti, a utilisé la comparaison pour défendre son client, souhaitant ainsi démontrer que la fraude fiscale est un sport très pratiqué en France. «Chez les déménageurs, il y a 30 % de fraudeurs, 30 % qui n'aiment pas le fisc plus que lui ! Chez les dentistes, 20 %. Les chirurgiens, 50 %. Les boulangers, 25 %. Les taxis, 50 %, etc. Un Français sur cinq se dit prêt à pratiquer la fraude fiscale, et Patrick Balkany serait l'exemple ? Celui qu'il faudrait envoyer en prison pour que le peuple se régale ?»
Les chiffres sont tirés d'une étude parue dans le magazine Capital en 2009, qui écrit qu'il s'agit d'une «estimation réalisée pour Capital par des agents du fisc». Mais l'avocat a mal lu ces données. Les pourcentages cités par le magazine correspondent à la «part des recettes non déclarées dans le chiffre d'affaires global de la profession». En clair, le taux de fraude de 30 % cité pour les déménageurs signifie que 30 % du chiffre d'affaires global de la profession ne serait pas déclaré. Et non, comme Dupond-Moretti l'affirme dans sa plaidoirie, que «chez les déménageurs, il y a 30 % de fraudeurs». Pas plus, donc, qu'il y a 50 % des chirurgiens, 20 % des dentistes, ou 25 % des boulangers fraudeurs. Selon une reporter sur place lors du procès, Dupond-Moretti aurait même repris une blague qui figurait aussi dans Capital à propos des psys, «à en croire ces malins, payer en liquide ferait partie de la thérapie».




