Ce 7 avril 1994, la pénombre envahit la cour de l’Elysée quand un remue-ménage inhabituel gagne l’aile ouest du palais. Dans le couloir du premier étage, c’est l’affolement. Appuyé sur un mur, le garde du corps de François Durand de Grossouvre réprime une nausée. Monté un peu avant 20 heures chercher son patron, attendu à dîner chez le ministre gabonais Georges Rawiri, il a découvert l’horreur. L’inamovible président du comité des chasses présidentielles est renversé dans son fauteuil, jambes croisées. Sa main droite tient encore le 357 Magnum Manurhin, posé sur sa poitrine. La balle entrée par le menton a emporté le haut du crâne. Il y a du sang partout sur la moquette, des éclats de cervelle jusqu’au plafond.
Il est un peu plus de 23 heures quand l'Elysée se fend d'un communiqué. Le style est lapidaire, la nouvelle stupéfiante : «François de Grossouvre, président du comité des chasses présidentielles s'est donné la mort, ce jeudi 7 avril, en fin de journée, dans son bureau. Conformément aux règles habituelles, le parquet de Paris, qui s'est rendu sur les lieux, a prescrit à la police judiciaire de diligenter l'enquête décès prévue par l'article 74 du code de procédure pénale.»
Un suicidé au palais ! Le cas est sans précédent. Le statut de François Durand de Grossouvre aussi est singulier : à 76 ans, les privilèges qu'il conserve - à commencer par son bureau à l'Elysée - attestent l'importance des se