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Libération

Nouveau coup dur pour les ex-Whirlpool

Publié le 26/07/2019 à 20h56

«Il n'y a pas d'autre sortie ?» Sur le trottoir de la rue Lamartine, la question revient en boucle parmi les quelque 185 salariés de l'entreprise WN Factory (ex-Whirlpool), réunis vendredi devant le tribunal de commerce d'Amiens. L'avenir de leur entreprise, placée en redressement judiciaire début juin, se jouait ce matin-là. La meilleure offre de reprise présentée aux juges amiénois par Ageco Agencement, spécialiste de l'aménagement de magasins, prévoit de conserver seulement 44 emplois, soit un quart seulement des effectifs actuels. «C'est peut-être la dernière fois que je vois certains collègues», s'inquiète Christophe, 42 ans. Dehors, la cinquantaine de salariés présents craignent que le patron de WN, Nicolas Decayeux, ne quitte les lieux par une porte dérobée.

Un an plus tôt, ils croyaient tous en lui et en son projet pour relancer l'activité sur l'ancien site Whirlpool d'Amiens, dont la production de sèche-linges avait été délocalisée en Pologne par le propriétaire américain. Le sauvetage a tourné au fiasco. «En octobre 2018, on a été au ministère du Travail à Paris, raconte Marie-José, une ex-déléguée syndicale. On leur a dit : "Attention, il n'y a pas de production. C'est une usine morte !"» Fin mai, la trésorerie est à sec. «Où sont passés les millions ?» demandent aujourd'hui les salariés. Les 7,4 millions d'euros posés par Whirlpool et les 4 millions engagés par l'Etat. Des sommes qui auraient servi pour payer les salaires et acheter des machines. «Pfff… personne n'y croit», glisse un salarié. Dans le hall du tribunal, Decayeux est accueilli par des huées. Et un de leur représentant confirme : l'offre d'Ageco est recevable. La session définitive est prévue le 30 juillet.

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