Deux ans après sa première étude sur les marges de la grande distribution sur les fruits et légumes bio, UFC-Que choisir dresse un nouveau bilan peu reluisant. «Le moins que l'on puisse dire, c'est que les marges des fruits et légumes bio restent toujours en travers de la gorge», écrit l'association dans un communiqué. Leur enquête publiée jeudi montre que les marges brutes de la grande distribution sur le bio sont en moyenne 75 % plus élevées que sur les produits conventionnels. Une diminution de seulement 6 % est enregistrée par rapport à 2017. Pour évaluer la surmarge, le magazine d'UFC-Que choisir a comparé durant un an les cotations officielles publiées pour les 24 fruits et légumes les plus consommés en France, et a décelé d'importantes disparités. Sans surprise, ce sont sur les plus consommés que «la grande distribution se gave le plus». Pour la pomme de terre, la tomate et la pomme, les marges brutes sont de 83 %, 109 % et 149 % supérieures au conventionnel. En haut du tableau, on retrouve les poireaux, pour lesquels la marge est de + 165 %, soit 2,5 fois plus importante qu'à l'accoutumée. Prenons l'exemple de la pomme. Pour un produit non bio, le client paiera 2,04 euros le kilo. Ce coût comprend une marge de la grande distribution de 0,87 euro et 1,06 euro pour le prix agricole (auxquels s'ajoute la TVA). Pour les pommes bio, le prix grimpe à 4,19 euros le kilo avec une marge de 2,17 euros et 1,80 euro de prix agricole.
Si la grande distribution appliquait au bio la même marge que pour le conventionnel, les ménages économiseraient 18 % par an, soit 121 euros, sur leurs achats de fruits et légumes. A savoir que le budget annuel moyen pour un ménage français, sur le végétal, s'élève à 657 euros pour le bio contre 379 euros pour le non-bio : 41 % de cet écart est directement capté par la grande distribution. «Cette situation est d'autant moins acceptable qu'à ce jour, la grande distribution n'a produit aucun élément chiffré permettant de justifier une différence dans les frais de distribution entre le bio et le conventionnel», note UFC-Que choisir.
L’idée selon laquelle faire ses courses dans la grande distribution est toujours moins cher est largement remise en question par cette enquête. Pour se fournir en fruits et légumes bio, l’association conseille de faire jouer la concurrence. Dans les magasins spécialisés, bien que les produits soient globalement plus chers, les prix du végétal bio sont, eux, 19 % moins élevés que dans la grande distribution.




