Jean-Luc Mélenchon, comédien et martyr… Tel Saint-Sébastien criblé de flèches macroniennes, le leader de La France insoumise se rend au tribunal précédé d’une longue lamentation indignée qui le présente comme la victime de vicieuses manœuvres ourdies en haut lieu. Tel Socrate, Zola, Boukharine, Galilée ou Jésus, Jean-Luc Mélenchon serait la cible d’une justice politique, ameutée pour le condamner sans rémission. Ainsi un banal tribunal correctionnel se transforme en théâtre judiciaire mélodramatique.
A l’origine de cette grandiose mise en scène, une gaffe également grandiose - et politiquement coûteuse - qui a consisté à pousser des hurlements malencontreusement filmés pendant une perquisition. Grand-guignol au départ, grand-guignol à l’arrivée. C’est un fait que le procureur enquêtant sur des malversations supposées de La France insoumise a déclenché une opération de fouille de grand style, avec irruption policière dès potron-minet et déploiement de pandores inquisiteurs. On peut penser que cette offensive était disproportionnée. Mais il faudrait aussi, pour justifier les philippiques insoumises, produire un commencement de preuves montrant que la chancellerie ou l’Elysée sont intervenus dans cette procédure. Tous indices absents du réquisitoire mélenchonien.
Ainsi l’un des principaux leaders politiques français, aux ardentes convictions républicaines, affirme sans preuves que la justice républicaine est aux ordres, qu’elle s’identifie aux mascarades judiciaires en vigueur dans les régimes tyranniques. C’est pousser très loin le bouchon rhétorique. Avec un risque à la clé : il est fort possible que le tribunal lui inflige une horrible relaxe qui l’innocenterait. Auquel cas le discours du Socrate furibard s’effondrerait comme un château de cartes.




