Fumer tue, et un fumeur traditionnel sur deux mourra des conséquences de sa consommation de tabac. L’évidence mortifère est de fait martelée, montrée : images trash de cancers divers (bouche, gorge, poumons) et messages d’alerte sur les risques jouent aujourd’hui des coudes sur les paquets de mort. Mais quid du vapotage, annoncé il y a une dizaine d’années comme l’alternative rêvée au tabagisme ? A condition de respecter les instructions, l’usage de la cigarette électronique est, de l’avis médical, peu nocif. Pas de goudron, peu ou pas de nicotine, pas de combustion… Pour les addictologues, c’est même un bon outil pédagogique qui accompagne les fumeurs traditionnels dans leur combat contre le tabagisme. Oui mais voilà, l’«e-cigarette» est récente, on ne dispose pas encore d’enquêtes épidémiologiques qui embrasseraient une période suffisamment longue pour avoir le cœur net quant à son innocuité.
Ce manque de recul n'autorise pas à hurler avec les loups : tant que le contraire n'est pas prouvé, il est permis d'affirmer que le vapotage, qu'un Français sur trois dit avoir essayé, est moins dangereux que le tabagisme classique. Ce n'est pourtant pas la position de l'Organisation mondiale de la santé. Tout en reconnaissant que les risques du vapotage sont incomparables à ceux du tabagisme, l'OMS considère la cigarette électronique comme «incontestablement nocive». Elle alerte sur le risque d'irritation des voies respiratoires, de la gorge et des yeux, ou encore d'effets cardiovasculaires. Les récents décès et cas de maladies pulmonaires graves survenus aux Etats-Unis, liés à un mésusage, ne lui donnent pas raison ; la cigarette électronique n'est pas encore coupable. Mais cette nécessaire présomption d'innocence sanitaire ne saurait faire oublier un autre principe fondamental, celui de précaution. Oui, l'équation a de quoi donner des vapeurs.




