Commission européenne : Un calendrier hasardeux
Et maintenant, il se passe quoi ? Ce n'est pas la première fois que des candidats sont retoqués par le Parlement européen : il y en a eu deux en 2004 et un en 2009. Mais trois d'un coup, dont la future commissaire française, c'est inédit et cela plonge les institutions dans le brouillard. Avant le rebondissement de jeudi, le calendrier officiel faisait terminer les auditions le 17 octobre pour un vote sur l'ensemble de la Commission en plénière le 23 et une entrée en fonction le 1er novembre. Mais «rien ne dit que ces dates pourront être tenues», explique une source au Parlement : «Le calendrier dépend des prochaines étapes politiques entre Ursula von der Leyen et les Etats ayant vu leur candidat recalé.» Soit la France, la Hongrie et la Roumanie. C'est là que ça se complique encore : le gouvernement roumain a été renversé par une motion de censure jeudi après-midi, ce qui pourrait peser sur les délais. Une fois les candidats dévoilés, il leur faudra rendre leur déclaration d'intérêts, qui doit être épluchée par la commission des affaires juridiques du Parlement. Ensuite seulement, les candidats pourront être auditionnés par les commissions correspondantes à leur portefeuille. Redécouper les attributions - Sylvie Goulard était promise à super-portefeuille «marché intérieur, industrie, numérique, défense et espace» - est toujours possible mais ferait durer le hiatus : il faudrait alors réauditionner des candidats commissaires déjà validés sur leurs nouvelles compétences.
Laure Bretton




