C'est le Point qui a soulevé ce lièvre dans un édito du 14 octobre, portant sur les journées du patrimoine, les 21 et 22 septembre : des statues de nu de l'artiste Stéphane Simon exposées au siège parisien de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, ont été vêtues de cache-sexes. L'info a ensuite circulé, surtout à l'extrême droite du Web. Où l'on reproche à Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, d'avoir fait ou laissé faire cette censure. Selon l'organisation et l'artiste, la présence des sous-vêtements serait plutôt le fruit d'une incompréhension. Ces statues, qui représentent des hommes nus qui posent comme s'ils prenaient une photo avec un téléphone portable, composent le projet In Memory of Me. Un premier repérage à l'Unesco s'est déroulé en juillet, en vue de l'exposition. «La question de la nudité des statues a été abordée, explique l'artiste à CheckNews. Je comprends qu'elle puisse déranger. Alors j'ai proposé de rester, pendant les journées du patrimoine, à proximité avec un linge et, si besoin, en fonction des visiteurs, de cacher le sexe des statues.»
L'artiste raconte avoir proposé une autre option : «Effectuer un contre-tirage des statues», et donc les reproduire dans une version où le sexe serait caché de manière permanente. Côté Unesco, on assure n'avoir pas compris que l'«option linge» consistait à ne pas couvrir de façon pérenne les statues. Dans le même temps, l'Unesco n'a pas demandé de contre-tirage à l'artiste, assure-t-elle à CheckNews. Ainsi, quelques jours avant les journées du patrimoine, l'organisation revient vers Stéphane Simon en lui demandant s'il a bien prévu de cacher les sexes de manière permanente. Au terme d'un échange teinté d'incompréhension mutuelle, l'artiste se voit finalement proposer, la veille du début de l'expo, de couvrir les statues ou de ne pas les exposer. L'artiste, consterné, a finalement dû se résigner à couvrir ses œuvres à la hâte. Globalement, le cabinet de la directrice générale de l'Unesco reconnaît après coup une «erreur», en s'exonérant de toute responsabilité, et en renvoyant vers les services en charge de l'exposition : «Si le sujet nous avait été remonté, on aurait dit à l'artiste qu'il pouvait ne pas mettre de cache-sexe.» De son côté, l'artiste peine à croire que la direction n'ait pas été au courant.




