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LR : Damien Abad veut viser «les vraies failles» de l'exécutif

Fraîchement élu à la tête des députés LR, l'élu de l'Ain a étrenné ses fonctions par une esquisse de doctrine pour le premier groupe d'opposition.

Damien Abad, le 22 septembre 2018. (Alain GUILHOT/Photo Alain Guilhot. Divergence)
Publié le 12/11/2019 à 16h53

Préférer, à une opposition «tous azimuts», l'exploitation des plus évidentes «failles» du macronisme : le nouveau président des députés Les Républicains, Damien Abad, a inauguré mardi ses fonctions par l'esquisse d'une nouvelle doctrine pour le premier groupe d'opposition à l'Assemblée. Renonçant à contester à Emmanuel Macron «sa stature de chef de l'Etat et son rapport à la France», mais accablant ses «tergiversations» dans les «fractures sociales, territoriales et culturelles» du pays.

«La tonalité de l'opposition sera de chercher des angles d'attaque précis contre le président de la République», a expliqué à la presse l'élu de l'Ain, se proposant de concentrer les attaques de son groupe sur les «vraies failles du pouvoir». A commencer par sa «large déconnexion avec les Français, les territoires et un certain nombre de catégories de la population». Auteur de la première interpellation des questions au gouvernement, mardi après-midi, le nouveau patron des députés LR a dénoncé les «ambiguïtés coupables» de l'exécutif sur la laïcité, le pressant d'agir plus fermement au surlendemain d'une manifestation contre l'islamophobie dénoncée comme «communautariste» par une partie de la classe politique.

Stimuler la production d’idées

Agé de 39 ans, jugé consensuel au prix de convictions parfois «insaisissables», Abad succède à ce poste au nouveau président de LR, Christian Jacob, neuf ans presque jour pour jour après l'élection de ce dernier à la tête d'un groupe alors labellisé «UMP», et majoritaire dans l'hémicycle. Il a été préféré au second tour de scrutin, mercredi dernier, par 64 des 104 députés LR à son concurrent Olivier Marleix, dont la candidature était réputée favorite auprès de la direction de LR. Résultat interprété comme une revendication d'autonomie du groupe parlementaire vis-à-vis du parti.

Désireux de stimuler la production d'idées neuves chez ses troupes, souvent en mal de répliques face aux empiétements macronistes sur leur terrain idéologique, Abad devra aussi veiller à l'unité de son groupe, partagé vis-à-vis du gouvernement entre opposition chronique et «ouvertures» ponctuelles. Preuve, selon lui, que LR est désormais capable «d'avoir des élections internes sans se déchirer» : des places d'honneur doivent être offertes, dans les prochains jours, à ses anciens concurrents pour la présidence du groupe. Comme les deuxième et troisième vice-présidences de celui-ci, respectivement promises à Olivier Marleix et à la députée des Alpes-Maritimes, Michèle Tabarot.

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