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Libération
Témoignage

Yannick LeTranchant, directeur de l’information de France Télévisions : «Nous devons être attentifs à la rue»

Publié le 13/11/2019 à 20h26

«A la suite des gilets jaunes, nous avons accéléré la sortie d’un projet que nous avions en préparation pour le journal de 20 heures de France 2, «Faux et usage de faux». On a lancé en février ce rendez-vous de démontage d’une information fausse ou erronée, qu’on fait deux ou trois fois par semaine, avec une équipe de quelques journalistes. Nous avons aussi travaillé sur le rapport à l’image, après notre erreur sur la photo tronquée «Macron dégage» sur France 3. Nous avons eu un séminaire dans lequel j’ai rappelé qu’il n’y a pas d’image prétexte : elles sont toutes signifiantes. Notamment pendant les directs.

«C'est une question qui s'est posée pendant les manifestations des gilets jaunes : proposer une image de violence pour illustrer un propos peut entraîner le téléspectateur à ne plus écouter ce que dit le journaliste. Nous préférons être prudents là-dessus, au risque de faire moins d'audience. Enfin, nous avons modifié le point de vue éditorial de plusieurs émissions. Notre programme sur l'Europe s'appelle désormais Nous, les Européens et se veut au plus près des questionnements des citoyens. Idem avec notre grande émission politique, rebaptisée Vous avez la parole. Elise Lucet ne présente plus Envoyé spécial depuis un studio, qui peut enfermer, mais sur le terrain, à la rencontre des gens. Nous avons manqué certaines perceptions des citoyens. Nous devons être très attentifs à la rue, à l'état d'esprit des Français. Je ne dis pas que nous ne l'étions pas, mais peut-être pas assez.»

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