A la rue, ou plutôt au trou. Patrick Balkany, qu'on aura connu plus bravache, jette finalement l'éponge le 19 décembre, renonçant à se présenter aux municipales de mars dans sa bonne ville de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Se faire réélire du fond de sa cellule par son fan-club local aurait pourtant eu de la gueule. Etre simplement condamné, le 13 septembre, pour fraude fiscale (quatre ans de prison ferme, tout de même) ne l'aurait guère empêché : faute avouée à moitié pardonnée, simple négligence que ses électeurs de droite sauraient oublier. Etre embastillé dans la foulée - avec ce symbolique mandat de dépôt à la barre du tribunal - est plus embarrassant, mais pas déprimant : tant que sa peine complémentaire de dix ans d'inéligibilité n'est pas définitive, il reste apte - d'autant que son épouse, Isabelle Balkany, maire adjointe, gère la boutique d'une main de fer. Mais les «Thénardier du 9-2» n'ont manifestement pas supporté que le parquet exige «l'exécution provisoire» de cette peine complémentaire. Sans même attendre la décision finale, ils ont compris le signal, se contentant d'une ultime bravade sur une démocratie «confisquée» par les juges. Balkany l'avait pourtant théorisé : quand un homme politique s'arrête, il meurt. Pour la patrie, il est donc mort.
13 septembre : Patrick Balkany en prison, qui l’écrou ?
A Paris, le 13 mai. (Photo Denis Allard)
Publié le 27/12/2019 à 17h06
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