Un signe d'espoir, au centre d'un monde télévisuel qui se dézingue tout seul à force de clashs artificiels et d'empoignades stériles : l'audience d'Arte. En 2019, la chaîne franco-allemande branchée docu, ciné et culture a réalisé une part d'audience moyenne de 2,6%, en progression de 0,2 point sur un an – selon les stats de Médiamétrie publiées ce lundi. Jamais elle n'avait atteint ce chiffre dans son histoire. Cette progression n'est pas sans rappeler le cas de France Culture en radio. En décembre, Arte a même fait une pointe à 2,8% (le chiffre comprend la consommation en direct et en différé sur télé, ordi, tablette ou mobile).
La «7» est portée au quotidien par son fort bon journal de 19h45 et le magazine d'actualité qui suit, 28 Minutes, présenté par Elisabeth Quin. Sa programmation de films, qui cartonnent le dimanche soir, et de fiction originale comme Mytho et Jeux d'influence la poussent aussi vers le haut. Comme l'or en période de crise boursière, Arte a des airs de «valeur refuge» en ce temps de médiocrité télévisuelle. A ce niveau d'audience, la chaîne, dirigée par Véronique Cayla depuis 2011, termine tout près de C8. Canal Hanouna régresse à 2,9% en moyenne, en baisse de 0,1 point. Faisons un vœu pour la nouvelle année : que les deux courbes se croisent. Un rêve pas si fou. En décembre, Arte et C8 étaient à égalité.
Programmes fédérateurs
Dans le haut du classement, TF1 domine toujours largement. Mais ce n'est pas la grande forme pour Bouygues TV. Avec 19,5%, la chaîne plonge de 0,7 point sur un an. C'est la première fois qu'elle tombe sous la barre des 20% depuis 1975. Malgré des programmes encore très fédérateurs, comme la récente série le Bazar de la charité, elle paye une désaffection globale pour la télévision – continuer à réaliser des audiences énormes est mission impossible. La durée d'écoute de la télé diminue de six minutes, s'établissant à 3h50 par jour en moyenne pour les personnes de 15 ans et plus. Chez les 15-34 ans, on passe de 1h56 à 1h43. Chez les plus de 50 ans, cela baisse aussi, de 5h13 à 5h12.
De son côté, France 2 a la banane. Elle gagne 0,4 point, à 13,9%. Le travail de refondation lancé par le directeur des programmes de France Télévisions, Takis Candilis, porte ses fruits. Les après-midi de la chaîne fonctionnent très bien, de même que le soap de 20h40, Un si grand soleil, dont on avait honteusement douté à son lancement (la vista). L'entreprise publique peut se féliciter par ailleurs de la stabilité globale de ses trois autres grosses chaînes, France 3, France 4 (appelée à disparaître en l'état) et France 5. A 9,3%, France 3 reste devant M6 (8,9%).
Virage droitier et tapageur
Dans la grande baston des chaînes d'actualité, BFM TV (qui appartient, comme Libé, au groupe Altice) reste leader. Mais après une année 2018 exceptionnelle, marquée par la Coupe du monde de foot et l'explosion du mouvement des gilets jaunes, son résultat s'effrite de 0,3 point, à 2,3%. Le marché de l'info en continu a pourtant gagné en part d'audience. La progression a été happée par les trois concurrentes. LCI monte de 0,7 à 1% : pas sûr, dans ces conditions, qu'elle revienne sur son virage droitier et tapageur. La filiale de TF1 passe devant le CNews de Pascal Praud (0,8%), qui risque de chercher encore un peu plus l'embrouille sur son plateau en 2020. Quant au Franceinfo de France Télévisions, il grappille 0,1 point pour arriver, ho hisse, à 0,5%. Chérie 25 (1,1%) est encore loin.




