Menu
Libération

Contestation des barreaux L’intégration, pas question

Publié le 10/01/2020 à 19h46

L’image est saisissante : mercredi alors que la garde des Sceaux, en visite à Caen, s’apprêtait à prononcer son discours, les avocats se sont dévêtus de leur robe noire et l’ont jetée sur le sol. Ce geste fort a ensuite été repris par d’autres confrères à travers la France comme un symbole de la colère.

Depuis le 6 janvier, les différents barreaux se sont en effet lancés dans une «grève dure» en suivant le mot d'ordre de leurs instances représentatives. En cause : la réforme des retraites qui prévoit l'intégration de leur régime autonome dans le régime universel. Actuellement, un avocat à la retraite perçoit, au minimum, 1 416 euros net par mois. Après la réforme voulue par le gouvernement, ce montant tomberait à 1 000 euros, alors que les cotisations doubleraient, passant de 14 % à 28 % pour ceux qui gagnent jusqu'à 40 000 euros. De quoi mettre en péril les plus petits cabinets et fragiliser la profession, redoutent les avocats.

Nicole Belloubet, dans une lettre datée du 6 janvier que Libération a pu consulter, répond à Christiane Féral-Schuhl, la présidente du Conseil national des barreaux (CNB) et évoque «un profond malentendu». Elle propose aux instances représentatives de discuter de «voies de passage» pour assurer la transition vers le régime universel et se tient prête à «reprendre la discussion». Rendez-vous a été pris pour lundi. Néanmoins, les avocats ne semblent pas près de remettre la robe tant que leur régime autonome sera menacé…

Dans la même rubrique