La voix est aussi claire et douce que les mots sont crus et insoutenables. Pour la énième fois, Sonia Lumbroso, la présidente du tribunal, lit : «Je suis vraiment prêt à baiser des gosses. […] J'ai des contacts à Manille et veux préparer mon propre business là-bas.» Un lourd silence s'est abattu sur la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, lundi, pendant sept heures difficiles d'une plongée dans le milieu de la pédopornographie mondialisée. Les mots sont ceux de Stephan L., 50 ans, qui a «tellement de fantasmes, mais seulement avec des petites filles». De préférence, «les six-onze».
Le 12 août 2014, ce pilote de ligne installé depuis quelques années à Singapour a été arrêté à Paris, dans un hôtel, par les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). Les enquêteurs français suivaient sa trace depuis plus d'un an, rancardés par les policiers américains du FBI sur cet homme «particulièrement actif» sur les forums pédophiles du «dark Web». Singapour, Vietnam, Philippines, Japon, Australie… Autant de pays depuis lesquels l'ancien officier de l'armée de l'air, alias «benjibenji», a consulté des images pédopornographiques. Mais aussi passé commande de «shows» en direct, de même nature.
Complicité par instigation
Lundi soir, le quinquagénaire, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire (après avoir passé deux ans et quatre mois en détention provisoire), est reparti les menottes au




