A la Métropole européenne de Lille (MEL), ce sont les villages qui font le président. Warneton, la plus petite commune, 241 habitants, envoie 1 conseiller à la métropole, quand Lille, pratiquement mille fois plus grande, en envoie 30, sur 184 élus. Un déséquilibre flagrant. C'est comme cela qu'en 2014, malgré ses victoires à Roubaix et Tourcoing aux municipales, la droite s'est vu souffler la présidence de la MEL. Damien Castelain, maire de Péronne-en-Mélantois, patron du groupe Métropole passions communes, qui réunit les petites villes, a été élu, soutenu par les voix du PS. Six ans après, le bilan est mitigé et Damien Castelain traîne une mise en examen pour s'être fait offrir une terrasse par Eiffage, dans le cadre de l'affaire du Grand Stade de Lille. Mais voilà, il a bénéficié de la crise politique : son groupe a récupéré tous ceux qui quittaient leur banc, jusqu'à atteindre 69 membres, soit pas loin de la majorité absolue. Surtout, il soigne ses troupes, ces petits maires qui pensent d'abord à leur ville. «Mais la somme des intérêts communaux ne fait pas l'intérêt métropolitain», se désole Jérémie Crépel, président du groupe EE-LV à la MEL, qui rêve d'un mode de scrutin à la lyonnaise (lire ci-dessus). Pour l'instant, on ne voit pas qui pourrait déboulonner Castelain : le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ex-UMP passé à LREM, candidat à Tourcoing, serait tenté, mais l'explosion de la droite complique l'équation. «Ils n'ont même pas réussi à s'entendre pour la constitution d'un groupe LREM à la métropole», persifle un élu socialiste.
Métropole européenne de Lille La prime aux villages
Publié le 10/02/2020 à 18h46
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