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Blocage de tribunaux : «C’est le seul moyen de se faire entendre»

Publié le 14/02/2020 à 20h06

«Les collègues commencent petit à petit à arriver», souffle un avocat venu participer, comme nombre de confrères, à une action de défense massive au tribunal de grande instance de Paris (XVIIe arrondissement). En grève depuis plus de six semaines, les avocats ont décidé la tenue de cette opération «justice morte» vendredi, avec le blocage de l'institution judiciaire pendant une journée.

Pour maître Nicolas Uzan, avocat au barreau de Paris, «l'idée est de se rejoindre un peu avant le début de l'audience, pour être le plus possible dans la salle. C'est pour se montrer et assurer aussi une défense pénale au prévenu. A chaque fois qu'on demande un renvoi de dossier en raison de la grève, on l'explique à nos clients et on se demande comment ça va les toucher».

Le 7 février, la poursuite de la mobilisation a été décidée par le Conseil national des barreaux, instance représentant les quelque 70 000 avocats français. Trois jours plus tard, le barreau de Paris a organisé sa propre assemblée générale extraordinaire. Une première depuis trente ans. Réunis dans l’ancien palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, plus de 1 000 avocats ont martelé leur détermination contre la réforme du gouvernement et un système qui viendrait remplacer leur régime de retraite.

«Nous avons bien conscience que les premiers pénalisés par la grève sont les justiciables, surtout dans des cas où la liberté est en jeu, rappelle Nathalie Pelardis, avocate au barreau de Paris. On a bien conscience qu'on bloque les tribunaux, mais c'est le seul moyen de se faire entendre […] Si on m'avait dit lorsque j'ai prêté serment il y a douze ans que j'irais manifester un jour dans la rue avec ma robe pour défendre mon métier, je ne l'aurais pas cru.»

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