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Libération

L’hôpital de Douai a-t-il signé un partenariat sur l’homéopathie avec le laboratoire Boiron ?

Tubes de granules homéopathiques des laboratoires Boiron. (Photo Hugo Ribes)
Publié le 21/02/2020 à 19h51

Mi-février, le centre hospitalier de Douai (Nord) signe une convention avec le laboratoire homéopathique Boiron. Un journaliste de Sciences et Avenir tweete un extrait du message : «Ce partenariat permettra notamment aux futures mamans qui le souhaitent de bénéficier d'une alternative aux traitements conventionnels grâce à l'homéopathie.» Le lendemain, le communiqué publié sur le site de l'hôpital est supprimé.

La signature de ce partenariat, concernant le service de gynéco-obstétrique, intervient après la baisse, le 1er janvier, du remboursement par la Sécurité sociale de ces produits de médecine alternative (de 30 % à 15 %). Avant un déremboursement total l'an prochain, comme l'a annoncé le gouvernement.

Pour Boiron, ce partenariat n'est pas financier. Il consiste concrètement à «accompagner les professionnels de santé souhaitant intégrer l'homéopathie dans leurs pratiques médicales». Des réunions sont organisées entre personnel médical et experts. De son côté, le centre hospitalier de Douai a refusé de répondre à nos questions, souhaitant «ne pas alimenter la polémique».

Problème : même si l'efficacité de l'homéopathie n'est pas reconnue, les agences régionales de santé (ARS) n'ont pas leur mot à dire sur ce partenariat. Du coup, «l'ARS des Hauts-de-France n'a pas été informée de cette convention et en a appris l'existence via les réseaux sociaux», nous explique l'agence. Tout juste a-t-elle pu «demander des explications à l'établissement et lui a fait savoir qu'un tel accord ne lui paraissait pas opportun». Contacté, le ministère de la Santé, s'appuyant sur le code de la santé publique - qui dispose que «les établissements publics de santé sont des personnes morales de droit public dotées de l'autonomie administrative et financière» - confirme que les hôpitaux «sont libres de passer les conventions qu'ils jugent nécessaires à leur bon fonctionnement». Boiron reconnaît d'ailleurs avoir signé des conventions avec d'autres établissements de santé, notamment dans des services d'oncologie, mais sans préciser lesquels.

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