D'abord Marine Le Pen et Eric Ciotti, et maintenant Agnès Buzyn. Avant même de se manifester en France, le coronavirus, dans une bizarre pathologie secondaire, atteint les nerfs de certains ou de certaines responsables politiques. Pourtant compétente et en principe modérée, Agnès Buzyn accuse la mairie de Paris d'impréparation et affirme hautement qu'elle n'a eu aucun contact avec Anne Hidalgo à propos des mesures susceptibles de combattre une éventuelle épidémie. Pas de chance : la mairie de Paris produit deux lettres du début de l'année signées Buzyn dans lesquelles la même ministre remercie vivement la municipalité pour «sa mobilisation».
Autre entité dont le sang-froid n’est pas la marque principale : les marchés des actions. Devant l’aggravation de l’épidémie, les Bourses ont enregistré une perte spectaculaire lundi et une autre, de moindre ampleur, mardi. Les spéculateurs sont ainsi : tout leur est aquilon, même le moindre zéphyr. Aussi irrationnels dans la hausse que dans la baisse - c’est le problème que pose la place excessive prise par les marchés financiers dans l’économie mondiale -, les boursiers exagèrent bonnes et mauvaises nouvelles. En l’occurrence, ce n’est pas la santé de leurs concitoyens qui les inquiètent mais les dommages que subissent les échanges mondiaux ou, plus exactement, ceux qu’ils pourraient subir. La chose est compréhensible en Chine, très durement touchée sur le plan humain comme sur le plan économique, en raison des mesures de confinement massif prises dans le pays. Moins ailleurs, même si certains secteurs commencent à souffrir. Tout dépend de la durée de l’alerte. Les retards se rattrapent s’ils ne persistent pas trop longtemps. Plus que jamais l’impératif du sang-froid s’impose. Les populations s’inquiètent mais semblent pour l’instant moins paniquées que les responsables économiques. Comme si l’inquiétude sur les bénéfices était plus intense que les craintes pour la santé. Ainsi va le capitalisme mondial…




