«Puisqu'on me laisse le choix entre la peine de mort et la victimisation…» Jeudi après-midi, dans une brève et première déclaration liminaire de son procès pénal, François Fillon a donné le ton de sa ligne de défense : combatif, vindicatif, sarcastique. Aigri, surtout. Première réplique à l'accusation qui, la veille, avait contesté la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par l'avocat de son épouse Penelope – le tribunal correctionnel l'a finalement rejetée après 24 heures de réflexion, permettant au procès de poursuivre son cours prévu. Le procureur Bruno Nataf avait en effet rappelé que, sous l'ancien régime, le détournement de fonds publics, délit spécifiquement reproché à François Fillon pour avoir embauché son épouse Penelope comme assistante parlementaire (plus d'un million d'euros encaissés en quinze ans), était alors passible de «pendaison». Avant d'ironiser sur la «stratégie de victimisation» de l'ex-candidat à l'élection présidentielle, qui «se poursuit» jusqu'à la barre du tribunal correctionnel.
«Mon honneur»
A lire aussi Procès Fillon : une affaire de famille
Laborieux résumé
Signe d'une possible défense de rupture, histoire de ne pas plonger seul, il réitère ce mantra : «Depuis quarante ans, 20% des parlementaires travaillent avec des membres de leur famille.» En cours d'enquête, il avait déjà déposé cette demande d'acte : recenser tous les parlementaires ayant fait comme lui. Résultat : en 2006, 91 sénateurs employaient un membre de leur famille comme assistant parlementaire (épouse, fils ou petit-fils). Mais aucun n'aura poussé le bouchon jusqu'au million d'euros.




